Réaction du Front commun pour les ARTS sur le budget Fédéral 2026-2027 | RÉSEAU 360
Budget fédéral 2025 : entre avancées et inquiétudes pour le milieu des arts
Quelques jours après le dépôt du premier budget du gouvernement Carney, le milieu culturel accueille avec nuance les annonces fédérales. Bien que certaines mesures soient saluées — notamment les investissements qualifiés d’« historiques » par le ministre Steven Guilbeault dans les industries audiovisuelles, ainsi que l’engagement de créer enfin un droit de suite en arts visuels — plusieurs zones d’ombre inquiètent profondément les artistes et organismes du Québec.
Reconnaissons les avancées
Le budget mise fortement sur l’audiovisuel, au grand soulagement des milieux du cinéma, de la télévision et du numérique, qui verront leurs moyens de création et de diffusion consolidés. Le gouvernement annonce aussi son intention d’instaurer enfin un droit de suite en arts visuels — une revendication portée depuis près de deux décennies — permettant aux artistes de toucher une part des reventes de leurs œuvres.
Les festivals et organismes de diffusion accueillent également positivement la reconduction des programmes essentiels liés à la présentation des arts et au développement des communautés.
Voyons aussi les angles morts
Malgré quelques gestes appréciés, le budget fédéral laisse présager des années difficiles pour les artistes et organismes soutenus par le Conseil des arts du Canada. Bien que le CAC ait été exempté de la coupe de 15 %, l’augmentation annoncée demeure dérisoire dans un contexte où les coûts explosent et où la précarité s’accentue.
Alors que le Québec a relevé de manière ambitieuse le financement de ses conseils des arts, Ottawa ne suit pas le rythme : une hausse de seulement 2 M$ par an — à peine 0,5 % du budget du CAC — est loin de répondre aux besoins réels du milieu. Les compressions déjà effectuées se font sentir, et de nombreux artistes témoignent d’un retrait de soutien depuis 2023.
La formation supérieure en arts reste elle aussi stagnante, faute de mise à niveau du fonds qui lui est dédié. Enfin, aucune mesure concrète n’est annoncée pour améliorer le filet social des artistes, malgré des engagements répétés et un important chantier de réflexion déjà en cours.
En somme, plusieurs secteurs artistiques continuent d’être fragilisés et attendent toujours des réponses à la hauteur des enjeux.
Un appel clair au gouvernement fédéral
Face à ces constats, le Front commun pour les Arts demande l’ouverture immédiate d’un dialogue avec les ministres Steven Guilbeault et François-Philippe Champagne. La culture joue un rôle essentiel dans la vitalité, la cohésion et l’identité de notre société : elle doit être traitée en conséquence.
Ont signé cet appel à la collaboration, les membres du Front commun pour les arts suivant·es :
- Parise Mongrain, Regroupement québécois de la danse (RQD)
- Caroline Gignac, Conseil québécois du théâtre (CQT)
- Hélène Hotton, Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ)
- Sonia Pelletier, Regroupement de pairs des arts indépendants de recherche et d’expérimentation (REPAIRE)
- Catherine Bodmer, Regroupement des centres d’artistes autogérés du Québec (RCAAQ)
- Camille Cazin, Regroupement des artistes en arts visuels du Québec ( RAAV)
- Nadia Drouin, En Piste, regroupement national des arts du cirque
- Julie-Anne Richard, Association professionnelle des diffuseurs de spectacles - RIDEAU
- Guy Bernard, Guilde des musiciens et musiciennes du Québec (GMMQ)
- Lily Thibeault, Société de développement des périodiques culturels québécois (SODEP)
- Dominic Trudel, Conseil québécois de la musique (CQM)
- Éric Lord, Réseau Culture 360°
- Françoise Landry, Regroupement des arts de rue (RAR)
- Tania Kontoyanni, Union des artistes (UDA)
- Mo Carpels, Regroupement du conte au Québec (RCQ)
Consulter la lettre signée des 15 organisations culturelles et artistiques
